Les Cris d'Eeyou Istchee habitent le long des rivières et autour des lacs drainant le territoire qui entoure l'extrémité sud-est de la baie James. Leur mode de vie traditionnel est fondé sur la chasse, la pêche et le piégeage.

Se désignant comme un peuple nomade de chasseurs - Ndooheenou -, les Cris se déplaçaient en suivant le cours des saisons et les migrations animales.

Le cycle annuel de leurs activités reste encore pour plusieurs; la cueillette de petits fruits et d'autres plantes en saison estivale, la pêche, la chasse à l'orignal en automne, le piégage et le trappage en hiver et la chasse aux Bernaches du Canada (Goose Break) au printemps et à l'automne.  Le « Goose Break » est l'une des importantes activités ancestrales conservées par les Cris. Également, en été, on pratique la descente en canot et, l'hiver, la randonnée en raquettes.  Ces moments de l'année permettent à toutes les familles de renouer avec le mode de vie traditionnel.

Les premiers contacts avec les Européens remontent au début du 17e siècle avec comme objectif principal la traite des fourrures qui s'est pratiquée pendant près de 300 ans. Au fil des années, les Cris ont considérablement modifié leurs habitudes. Pour répondre aux demandes du commerce des fourrures, ils ont délaissé graduellement le gros gibier et le nomadisme, et la trappe est devenue une activité importante. Les postes de traite constitueront finalement le site des communautés cries actuelles.

La culture crie est vivante, riche et unique. Les habitants des 9 villages du territoire vous invitent à la découvrir en partageant leur mode de vie : cuisine authentique, artisanat distinctif, récits ancestraux fabuleux et activités traditionnelles dans l'harmonie et le respect de la nature.

Le long parcours des premiers Européens à s'être aventurés en Amérique rejoint l'histoire des ancêtres de ce vaste territoire. La recherche d'une nouvelle route vers l'Asie les a en effet incités à poursuivre l'exploration de ce nouveau continent et c'est en 1610 que Sir Henry Hudson découvrit la baie qui porte aujourd'hui son nom. En 1631, Thomas James publia la carte de la baie d'Hudson démontrant bel et bien qu'elle n'était pas le passage maritime vers l'Orient. Toutefois, on réalisa rapidement que la région regorgeait d'animaux dont les fourrures étaient parmi les plus recherchées au monde.

C'est à cette époque que Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouart, Sieur Des Groseilliers, ont développé le commerce des fourrures en Nouvelle-France. Ils incitèrent d'abord les Anglais à s'y intéresser et, en mai 1670, le roi Charles octroyait une charte royale à la Compagnie de la Baie-d'Hudson, qui est toujours en opération aujourd'hui!

Préférant l'exploration au commerce, en 1674, ils quittèrent cette compagnie et se tournèrent à nouveau vers la France pour créer la Compagnie du Nord-Ouest, en concurrence directe avec la Compagnie de la Baie-d'Hudson. La bataille pour le contrôle des fourrures s'est maintenue jusqu'en 1713 au moment où la signature du traité d'Utrecht a mis fin à l'animosité entre Français et Anglais. Le marché de la fourrure a lentement décliné et la trappe n'a été pratiquée par la suite que par les autochtones, à quelques exceptions près. Quant aux derniers coureurs des bois, ils devinrent prospecteurs! Ce fut ensuite les richesses du sous-sol de la région d'Eeyou Istchee Baie-James qui suscitèrent un nouvel intérêt.

L'ouverture des routes et l'avènement du chemin de fer après la Seconde Guerre mondiale, ont permis à l'industrie minière de prendre son essor. Une dizaine de mines sont entrées en exploitation dans les années 1950, donnant naissance aux villes de Chibougamau, Chapais et, un peu plus tard, Matagami. À partir des infrastructures mises en place par l'industrie minière, une autre richesse naturelle devint désormais accessible : la forêt boréale. L'épinette donnait un excellent bois de charpente et sa pâte était utilisée pour augmenter la résistance de certains papiers. Ainsi, les années 1960 ont été celles de l'exploitation forestière. Ici, comme ailleurs au Québec, de nombreuses entreprises s'établirent et leurs besoins augmentèrent constamment.

Au début des années 1970, la quasi-totalité des rivières à proximité des grands centres étaient aménagées. La demande d'énergie s'accroissant, il devint impératif de développer de nouveaux projets. En 1971, le gouvernement québécois annonçait un méga projet : l'aménagement des rivières de la baie James. En 1972, Hydro-Québec amorçait donc la construction du complexe La Grande dont fait partie la plus grande centrale souterraine au monde et La Grande-2, aujourd'hui rebaptisée Robert-Bourassa en l'honneur du défunt Premier ministre et promoteur du projet.

En tout, huit centrales, générant plus de la moitié de l'énergie hydroélectrique du Québec ont été aménagées au cours des deux phases de construction. Trois axes routiers totalisant plus de 1 700 km ont été construits, la route de la Baie-James (Matagami-Radisson), la route Transtaïga (Radisson-Caniapiscau), la route du Nord (Chibougamau-Radisson) et des milliers d'emplois ont été créés. C'est le plus grand projet de société que le Québec ait connu à ce jour!